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Normes·7 min de lecture·25 août 2026

EN 16005 : l'analyse de risque d'une porte automatique piétonne et la mesure des efforts

Deux pièces manquent presque toujours au dossier d'une porte automatique existante : l'analyse de risque propre à l'implantation et le relevé instrumenté des efforts au bord de fermeture. Contenu attendu, seuils, points de mesure.

EN 16005 : l'analyse de risque d'une porte automatique piétonne et la mesure des efforts

Le dossier d'une porte automatique piétonne en service depuis dix ans contient en général une facture d'installation, une notice constructeur et des bons d'intervention. Deux documents y figurent rarement : l'analyse de risque établie pour cette implantation précise, et le procès-verbal de mesure des efforts au bord de fermeture. Ce sont pourtant les pièces demandées en premier après un incident de coincement.

L'EN 16005 ne se résume pas à une liste de cellules à poser. Elle demande de raisonner sur l'installation réelle, puis de démontrer par la mesure que la motorisation reste sous les seuils d'effort admis. L'analyse détermine ce qui doit être protégé ; l'essai instrumenté établit ce que la porte fait réellement quand la protection est neutralisée.

Ce que l'analyse de risque doit couvrir avant qu'un capteur soit choisi

Quatre familles de risques structurent le document. L'écrasement au bord de fermeture principal, entre les deux vantaux d'une coulissante ou entre le vantail et le montant. Le cisaillement et le pincement au bord secondaire, dans le jeu entre le vantail mobile et l'imposte fixe, le mur ou le vantail voisin. L'entraînement, lorsqu'un vantail coulissant se refoule vers une paroi et emmène un doigt ou une manche dans l'interstice. Le choc, enfin, quand un vantail battant balaye un volume où quelqu'un se tient.

Les zones latérales sont le point faible le plus fréquent. Une battante qui s'ouvre sur un couloir perpendiculaire heurte un passant qui ne voit pas le vantail arriver ; une coulissante placée près d'un angle crée une zone d'approche non surveillée. L'analyse décrit donc la géométrie du passage, la direction des flux et la présence d'un sas, d'un tapis ou d'un obstacle fixe, éléments qui commandent les champs de détection à couvrir.

Les jeux se traitent avec les distances de l'EN 349 : 25 mm pour un doigt, 100 mm pour une main, 120 mm pour un bras ou un pied, 300 mm pour la tête. Un jeu doit dépasser la valeur correspondante, être réduit au point d'interdire l'introduction du membre, ou être neutralisé par une protection rapportée. Un interstice de 40 mm entre vantail et imposte n'est ni assez grand ni assez petit : c'est le cas à traiter.

Reste la population d'usagers. Un hall de bureaux, une entrée d'EHPAD et un quai de messagerie n'appellent pas les mêmes réglages. Enfants, personnes âgées, fauteuils, brancards, personnes malvoyantes : chaque catégorie identifiée justifie une mesure compensatoire écrite, vitesse réduite, mode basse énergie, doublement des capteurs ou temporisation allongée. Le document est daté, rattaché au numéro de série de l'opérateur, et repris à chaque modification du site ou de la motorisation.

L'effort admis est borné à 1 400 N de crête et 150 N en statique

L'EN 16005 encadre l'effort exercé par un vantail sur un obstacle par trois grandeurs liées. La crête dynamique est plafonnée à 1 400 N. Sa durée est limitée à 0,75 s, ce qui interdit une porte qui pousse longtemps même à effort modéré. L'effort statique résiduel ne doit pas dépasser 150 N. Un vantail qui reste appuyé à 200 N sur un thorax est non conforme même si sa crête est basse.

Ces valeurs ne se relèvent pas au dynamomètre à main ni au pèse-personne. L'appareil de mesure associe un élément élastique calibré, dont la raideur est fixée par la méthode d'essai applicable, et une chaîne d'acquisition qui enregistre la courbe effort-temps. C'est cette courbe qui prouve la conformité, la valeur crête seule ne disant rien de la durée d'appui. Le rapport porte l'identification de la porte, le point de mesure, le sens de manœuvre, la vitesse réglée et la date.

Les points de mesure se répartissent sur la course et en hauteur. Sur une coulissante, le relevé se fait près de la position fermée, à mi-course et en début de course, le profil de vitesse n'étant pas constant. Une position basse représentative d'un enfant complète la position adulte. Sur une battante, la vitesse linéaire du vantail croît avec la distance à l'axe : un relevé fait au seul bord libre ne caractérise pas le comportement à mi-largeur.

La mesure se fait capteurs de sécurité inhibés. Tant que la cellule arrête le vantail avant le contact, l'instrument mesure la performance du capteur et non la limitation d'effort de la motorisation. Les capteurs sont ensuite remis en service et leur détection est vérifiée séparément. Les deux essais ne se substituent pas l'un à l'autre.

Capteur d'activation et capteur de présence ne remplissent pas la même fonction

Le radar hyperfréquence placé au-dessus du passage détecte un déplacement, pas une présence. Une personne qui s'immobilise dans le champ disparaît du signal Doppler. Cet organe déclenche l'ouverture ; il ne constitue pas un dispositif de protection et ne peut être compté comme tel.

La fonction de protection revient aux capteurs de présence, généralement infrarouge actif, en rideau ou en barrière. Sur une coulissante, ils surveillent le seuil et les abords latéraux ; sur une battante, le débattement doit être couvert sur les deux faces, côté poussant comme côté tirant. L'EN 16005 impose que ces dispositifs soient autosurveillés, avec un niveau de performance au moins égal à PL c, catégorie 2 au sens de l'EN ISO 13849-1. Une cellule qui tombe en panne sans le signaler est plus dangereuse qu'une absence de cellule, puisque personne ne sait qu'elle ne protège plus.

La dérive des champs de détection explique une part importante des non-conformités relevées en exploitation. Les capteurs infrarouges actifs travaillent par réflexion sur le sol : un carrelage sombre et brillant, un sol mouillé, un tapis-brosse ajouté après coup ou un choc sur la platine modifient le champ. La vérification se fait au corps d'essai normalisé, cylindre de 700 mm de hauteur et 300 mm de diamètre, présenté aux endroits sensibles et non au centre du passage où tout fonctionne toujours.

Les exigences ne se transposent pas d'une coulissante à une battante ou à un tambour

Sur une coulissante, le sujet dominant est l'entraînement au refoulement et le traitement des zones latérales, avec en complément la libération du passage. Beaucoup de modèles offrent un débattement d'urgence des vantaux ; encore faut-il que la course de dégagement ne soit pas obstruée par un présentoir ou une jardinière installés depuis la réception.

Sur une battante motorisée, la distinction porte sur le mode de fonctionnement. En mode basse énergie, l'énergie cinétique du vantail est plafonnée et l'ouverture est déclenchée par une action volontaire, poussoir ou bouton ; les exigences de détection sont allégées en contrepartie d'une manœuvre lente. En mode automatique pleine énergie, la détection de présence sur les deux faces devient la règle, et le coincement côté paumelles se traite par un profil de protection ou une limitation d'ouverture.

La porte à tambour cumule les configurations. Bords d'attaque des vantaux, pied de vantail, montants fixes et zone d'entrée appellent chacun un capteur, avec un arrêt d'urgence accessible depuis l'intérieur du tambour. Le débrayage des vantaux en position repliée doit être essayé, pas seulement décrit dans la notice. Dans les ERP, un tourniquet ne compte pas dans les unités de passage des dégagements : un passage libre équivalent doit exister à proximité immédiate, et sa disponibilité fait partie de la vérification.

La libération du passage ne se vérifie qu'en coupant réellement l'alimentation

L'essai qui manque le plus souvent au dossier est le plus simple à conduire : couper l'alimentation au disjoncteur et observer. Le comportement attendu dépend de la configuration retenue, mais il doit être conforme au règlement applicable au dégagement concerné. Dans les ERP, une porte automatique implantée sur un dégagement doit libérer le passage en cas de défaillance d'alimentation, et cette exigence figure au chapitre dégagements du règlement de sécurité, article CO 46.

L'essai doit aussi couvrir les asservissements. Une porte reliée à un système de sécurité incendie, ou dont le verrouillage dépend d'une unité de gestion des issues de secours, change d'état lors d'une mise en sécurité : le déverrouillage par boîtier à bris de glace se manœuvre et le retour au fonctionnement normal se contrôle. La batterie de secours, quand elle existe, se teste sous charge, une batterie en fin de vie tenant l'affichage du pupitre sans être capable d'ouvrir le vantail.

Sur les lieux de travail, la vérification est semestrielle et se consigne par écrit

Sur les lieux de travail, l'arrêté du 21 décembre 1993 fixe le régime : vérification périodique des portes automatiques et semi-automatiques tous les six mois par une personne compétente, consignée dans un livret d'entretien tenu à disposition de l'inspection du travail. Le livret mentionne la date, l'intervenant et la nature des opérations. Le même arrêté impose par ailleurs un dispositif d'arrêt d'urgence et la possibilité d'ouvrir la porte manuellement en cas de défaillance : deux points à essayer, et non à déclarer.

La traçabilité utile va au-delà de la case cochée. Un dossier exploitable réunit l'analyse de risque datée, le relevé des réglages appliqués, le procès-verbal de mesure d'efforts avec ses courbes, le compte rendu de détection au corps d'essai, l'essai de coupure d'alimentation et l'historique des modifications. Sans mesure initiale, aucune valeur de référence n'existe et une dérive de la motorisation devient indémontrable.

Certains événements imposent une nouvelle mesure sans attendre l'échéance périodique : remplacement du groupe moteur ou du vantail, modification de la vitesse ou de la temporisation, changement de revêtement de sol, déplacement d'un capteur, réaménagement du hall qui modifie les flux. Un dépannage qui touche au paramétrage entre dans cette liste. La remise en service se conclut alors par un relevé, pas par un simple essai de passage.

Limites et vérifications

Les textes, caractéristiques produit, prix, délais et pratiques de marché peuvent évoluer. Vérifiez les sources primaires, la documentation de la référence concernée et la situation du projet avant toute décision.

Aucune certification, référence client, statistique interne, offre commerciale ou performance IEF & CO n'est affirmée dans cet article sans dossier de preuve validé.

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Équipe maintenance· Mise à jour 31/07/2026

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