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Normes·7 min de lecture·25 août 2026

Lire un PV de classement EN 1634-1 : domaine d'application directe et extension

Un PV de classement au feu décrit un échantillon essayé, pas une famille de portes. Décoder ses rubriques et celles d'un rapport EXAP permet de vérifier avant la pose si la configuration du chantier est réellement couverte.

Lire un PV de classement EN 1634-1 : domaine d'application directe et extension

Une commission de sécurité conteste rarement l'existence d'un procès-verbal de classement. Elle conteste la correspondance entre ce que le PV décrit et ce qui est posé dans la baie. Un essai conduit selon la NF EN 1634-1 consigne le comportement d'un échantillon unique, dans une configuration figée, monté sur un support donné et sollicité dans un sens précis. Tout écart avec le chantier relève du domaine d'application directe fixé par la norme ou d'un rapport d'extension. Ces deux rubriques se lisent avant la commande.

Un PV décrit un échantillon unique, pas une gamme de blocs-portes

La première rubrique identifie l'élément essayé, et cette description fait foi : composition du vantail (nature et épaisseur de l'âme, densité du panneau, revêtement, chants), dormant avec sa section et son mode d'assemblage, joints intumescents avec leur référence, leur section et leur position, quincaillerie réellement montée pendant l'essai. Un ouvrant essayé avec un joint de 15 x 4 mm en traverse haute et sur les deux montants ne couvre pas le même ouvrant équipé d'une section différente ou d'un joint posé sur trois côtés.

Vient ensuite le sens de sollicitation. L'essai n'expose qu'une face au feu : seule une construction symétrique, ou un second essai mené dans l'autre sens, couvre les deux orientations. Le PV précise si les paumelles se trouvaient côté exposé ou côté opposé. Le comportement du vantail en dilatation diffère selon qu'il tend à s'écarter du dormant ou à s'y plaquer. Une porte orientée à l'inverse du sens couvert sort du domaine du PV sans qu'aucun défaut visuel ne le signale : le local à risque doit se situer du côté éprouvé.

Le résultat s'exprime dans le langage de la NF EN 13501-2 : E, EW, EI1 ou EI2, la durée en minutes, puis le cas échéant le suffixe C pour la fermeture automatique et Sa ou S200 pour l'étanchéité aux fumées. EI1 et EI2 ne s'équivalent pas, EI2 admettant une zone d'exclusion des mesures d'échauffement près du jeu entre ouvrant et dormant : une exigence EI1 90 n'est pas satisfaite par un PV EI2 90.

Le domaine d'application directe couvre des variations, pas des ressemblances

Le domaine d'application directe est défini par la norme d'essai, pas par le fabricant. Il énumère les modifications applicables à l'échantillon sans nouvel essai. La règle générale : une réduction de dimensions est admise dans une plage bornée, une augmentation ne l'est jamais. Un vantail plus large redistribue les efforts de dilatation sur les points de verrouillage et sur les paumelles, un vantail plus haut allonge la flèche du montant côté serrure.

S'y ajoutent des conditions sur l'environnement de pose. La paroi réelle doit présenter une épaisseur et une masse volumique au moins égales à celles du support d'essai, et son propre classement doit atteindre le degré demandé au bloc-porte : une EI 90 posée dans une cloison EI 60 constitue un ensemble EI 60. Les substitutions de quincaillerie ne sont admises qu'à type et positionnement identiques.

Ce qui n'est pas listé n'est pas couvert. Un oculus ajouté après essai, un percement pour un contrôle d'accès, une seconde serrure, un seuil supprimé : chacune de ces opérations transforme le produit essayé en un produit différent. La proximité visuelle n'a aucune valeur normative.

Le rapport EXAP élargit le domaine là où il est écrit, et nulle part ailleurs

Quand la configuration du chantier dépasse le domaine d'application directe, la voie régulière est le rapport d'application étendue, établi par un laboratoire agréé selon la série NF EN 15269, déclinée par famille de produits : battants acier, battants bois, ensembles vitrés à ossature métallique, coulissants. Le laboratoire part d'un ou plusieurs essais du même fabricant et applique les règles d'extension de la norme. Le résultat est un document opposable, pas un avis d'expert.

Un EXAP se lit comme une liste fermée : dimensions maximales et minimales, variantes de remplissage et de quincaillerie, types de support admis, présence et cotes d'oculus, configurations un ou deux vantaux. Les majorations autorisées y sont chiffrées et ne se déduisent pas par proportion. Une configuration voisine de celles listées reste hors domaine.

Deux limites échappent à la lecture rapide. Le rapport est nominatif : il couvre le déclarant qui l'a fait établir, et un EXAP obtenu par un autre fabricant sur un produit similaire ne s'applique pas. Et il a une échéance, comme les PV français qui portent une date de fin de validité et se renouvellent. Un document périmé ne rend pas la porte dangereuse, mais il rend le dossier incomplet devant la commission.

Support d'essai et support de pose : l'écart le plus fréquent en réhabilitation

L'essai se déroule dans un support normalisé, rigide (maçonnerie ou béton d'épaisseur et de densité définies) ou flexible (cloison à ossature métallique et parements en plaques de plâtre). La règle est dissymétrique : un bloc-porte essayé en cloison flexible couvre généralement une pose en support rigide de performance au moins équivalente, alors que l'essai en support rigide ne couvre pas une pose en cloison légère. Cette asymétrie explique une part des non-conformités relevées en rénovation tertiaire, là où la baie d'origine en béton a été redécoupée en cloison sèche.

Le mode de fixation fait partie de l'essai au même titre que le joint intumescent. Le PV précise la nature des ancrages, leur nombre, leurs entraxes, le calage du dormant et la nature du remplissage du jeu entre dormant et gros œuvre. Un mortier, une laine de roche à densité imposée ou un mastic classé ne sont pas interchangeables avec une mousse polyuréthane de chantier, qui n'apparaît dans aucun PV.

L'épaisseur réelle de la paroi, sa composition, son degré et son propre PV se relèvent donc avant commande. Sur un immeuble ancien, un enduit plâtre sur brique creuse change l'analyse par rapport à un plan qui indique seulement « cloison CF 1 h ».

La quincaillerie et les jeux appartiennent au classement

Un classement assorti du suffixe C suppose que le bloc-porte se referme complètement et verrouille depuis n'importe quel angle d'ouverture. La NF EN 14600 range cette fonction d'auto-fermeture en classes de durabilité C0 à C5, du nombre de cycles le plus faible au plus élevé, et le PV reprend la classe retenue. Cela engage le ferme-porte relevant de l'EN 1154, le sélecteur de fermeture relevant de l'EN 1158 sur un deux-vantaux, les paumelles relevant de l'EN 1935 et la serrure relevant de l'EN 12209. Remplacer un ferme-porte par un modèle de force inférieure, ou le régler à la baisse pour le confort d'usage, dégrade une performance inscrite au PV.

Quand le vantail est maintenu ouvert par ventouse, l'ensemble devient un dispositif actionné de sécurité et relève de la NF S 61-937. Le PV du bloc-porte ne couvre pas la ventouse : il faut le document propre au DAS et la vérification que la fermeture s'effectue à la coupure d'alimentation, sans obstacle en zone de balayage.

Les jeux relevés à l'essai figurent également au PV : jeu périphérique, garde au sol, présence ou non d'un seuil. Une garde au sol portée à 10 mm sur un PV établi à 5 mm sort du domaine, écart que produit mécaniquement un revêtement de sol différent de celui prévu ou une reprise de nivellement. La cote se vérifie après finition du sol, pas au montage du dormant.

Étiquette d'identification, PV et marquage doivent désigner le même produit

Le bloc-porte porte une étiquette d'identification, généralement sur le chant côté paumelles ou en traverse haute, qui reprend le fabricant, la référence du modèle, le classement, le numéro de PV et un identifiant de lot. C'est le seul point de raccrochage physique entre l'ouvrage posé et le dossier documentaire. Une étiquette peinte, poncée lors d'une reprise de finition ou absente prive l'exploitant de toute traçabilité, quelle que soit la qualité réelle de la porte.

Le marquage CE demande de la nuance. Les caractéristiques de résistance au feu et d'étanchéité aux fumées relèvent de l'EN 16034, appliquée conjointement à une norme produit : l'EN 14351-1 pour les blocs-portes extérieurs, dont le marquage est obligatoire depuis le 1er novembre 2019. Pour les blocs-portes intérieurs piétons, la norme produit correspondante n'est pas harmonisée, et le PV national reste la référence. L'absence de marquage CE sur une porte intérieure n'est donc pas une anomalie en soi ; l'absence d'étiquette d'identification en est une.

Le contrôle utile remonte la chaîne dans les deux sens : du numéro lu sur l'étiquette vers le PV correspondant, puis du PV vers la baie réelle. Les écarts se logent souvent dans un numéro pointant vers une version antérieure du produit, révisée depuis.

Le contrôle documentaire se fait avant la commande, pas à la réception

Le document à exiger est le PV complet, annexes de description et domaine d'application directe compris, pas l'attestation commerciale d'une page qui annonce un degré. Le relevé doit produire, pour chaque baie : dimensions de passage et hors-tout du dormant, nature exacte de la paroi et son degré, sens d'ouverture, côté depuis lequel le feu est attendu, quincaillerie prévue, garde au sol après revêtement final, asservissement éventuel.

La comparaison se fait poste par poste. Dès qu'un poste sort du domaine d'application directe, la question au fournisseur est précise : existe-t-il un rapport EXAP couvrant cette configuration, à quel nom est-il établi, quelle est son échéance. La réponse conditionne la commande, parce qu'une porte livrée non couverte reste non couverte : aucune intervention postérieure ne rattrape un écart de dimension ou de sens de sollicitation.

Les pièces réunies rejoignent le registre de sécurité et, quand un système de sécurité incendie est concerné, le dossier d'identité SSI. Ce classement conditionne la capacité à répondre en séance à la commission, BSPP sur Paris et petite couronne, SDIS sur la grande couronne. Sur un ouvrage EI 90, la pièce qui manque le plus souvent au dossier n'est pas le PV lui-même mais son annexe descriptive, la seule qui permette d'établir que la porte posée entre dans le domaine couvert.

Limites et vérifications

Les textes, caractéristiques produit, prix, délais et pratiques de marché peuvent évoluer. Vérifiez les sources primaires, la documentation de la référence concernée et la situation du projet avant toute décision.

Aucune certification, référence client, statistique interne, offre commerciale ou performance IEF & CO n'est affirmée dans cet article sans dossier de preuve validé.

Bureau d'études · IEF & CO

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Bureau d'études· Mise à jour 31/07/2026

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