Un escalier métallique installé dans un établissement recevant du public cesse d'être un simple ouvrage de circulation dès qu'il est compté dans les dégagements. Sa largeur devient une donnée calculée à partir de l'effectif du niveau desservi, et non un choix d'architecte. Le règlement de sécurité l'exprime en unités de passage ; l'arrêté du 20 avril 2017 impose en parallèle des valeurs de giron, de main courante, de contraste et d'éclairement. Les deux jeux d'exigences se vérifient séparément : un escalier correctement dimensionné en unités de passage peut être refusé pour un nez de marche non contrasté ou une main courante sans prolongement.
Combien d'unités de passage l'escalier doit-il réellement offrir ?
Le point de départ n'est pas l'escalier mais l'effectif, déterminé par type d'exploitation selon les dispositions particulières du règlement de sécurité : ratios de surface pour un magasin de type M, places assises et personnes debout pour un type L, effectif déclaré pour un type W. Cet effectif fixe la catégorie de l'établissement, mais surtout le nombre de dégagements et le nombre d'unités de passage exigés à chaque niveau.
L'article CO 36 fixe la largeur d'une unité de passage à 0,60 m, avec deux valeurs relevées : 0,90 m pour un dégagement d'une unité, 1,40 m pour un dégagement de deux unités, au-delà desquelles le calcul reprend à 0,60 m par unité. L'article CO 38 donne le comptage. En dessous de 100 personnes : moins de 20 personnes, un dégagement d'une unité ; de 20 à 50 personnes, deux dégagements dont l'un peut être un dégagement accessoire ; de 51 à 100 personnes, deux dégagements d'une unité. Au-delà de 100 personnes, le nombre d'unités de passage vaut l'effectif divisé par 100, arrondi à l'unité supérieure ; le nombre de sorties reste de deux jusqu'à 500 personnes, puis augmente d'une sortie par tranche de 500 personnes entamée.
Le piège le plus fréquent tient au périmètre de l'effectif. Pour un escalier desservant des étages, l'effectif retenu n'est pas celui du seul niveau considéré : il cumule ce niveau et ceux situés au-dessus, puisque tous ces occupants transitent par la même volée ; la règle est symétrique vers le bas pour un escalier de sous-sol. Un plateau de bureaux à 180 personnes surmonté d'un niveau à 150 personnes conduit à 330 personnes au droit du palier bas, soit quatre unités de passage à répartir sur au moins deux escaliers. Les saillies inférieures à 0,10 m, mains courantes comprises, restent tolérées et ne réduisent pas la largeur réglementaire ; au-delà, la largeur utile n'est plus tenue.
Quelles valeurs de giron, de hauteur de marche et d'emmarchement s'appliquent ?
Pour un ERP neuf, l'arrêté du 20 avril 2017 impose une hauteur de marche inférieure ou égale à 16 cm et un giron d'au moins 28 cm. Dans un ERP existant relevant de l'arrêté du 8 décembre 2014, la hauteur admissible monte à 17 cm, le giron restant à 28 cm. Ces exigences s'appliquent aux escaliers de trois marches ou plus. La relation de Blondel, 2h + g compris entre 60 et 64 cm, reste le garde-fou de confort : 28 cm de giron pour 16 cm de hauteur donnent 60 cm, valeur basse mais conforme.
L'emmarchement obéit à deux logiques à réconcilier. L'accessibilité exige 1,20 m minimum entre mains courantes en neuf, 1,00 m dans l'existant ; la sécurité incendie exige 1,40 m pour deux unités de passage. Les deux valeurs se rejoignent : un escalier de 1,40 m entre limons, avec deux mains courantes en saillie de 0,10 m, laisse exactement 1,20 m libre. Descendre à 1,20 m brut revient à ne plus disposer que d'une unité de passage, ce qui plafonne l'effectif du niveau desservi.
Les volées non rectilignes restent possibles mais coûtent de la surface. Le giron se mesure conventionnellement sur la ligne de foulée, tracée à 0,50 m du jour ou du noyau central : sur un hélicoïdal à noyau tubulaire de 219 mm, tenir 28 cm à cet endroit impose un diamètre hors tout supérieur à ce que prévoit l'esquisse, et le calcul mérite d'être fait avant de figer la trémie. En pratique, une volée droite dépassant une vingtaine de marches appelle un palier de repos intermédiaire.
La main courante doit être double, prolongée et réellement préhensible
La règle de base est une main courante de chaque côté de la volée, un escalier d'une seule unité de passage pouvant n'en comporter qu'une. La hauteur de pose se situe entre 0,80 m et 1,00 m, mesurée à l'aplomb du nez de marche. Lorsque le garde-corps sert de support, sa lisse haute tient lieu de main courante à condition d'être continue, rigide et facilement préhensible, ce qui exclut le plat de 60 mm posé de chant, fréquent sur les ouvrages dessinés pour la ligne plutôt que pour la main.
La continuité est le second point de contrôle. La main courante se prolonge horizontalement de la longueur d'une marche au-delà de la première et de la dernière marche de chaque volée, sans empiéter sur la circulation adjacente. Sur un escalier à volées croisées, ce prolongement se traite aussi au palier intermédiaire. Un retour vers la paroi ou vers le limon évite le crochetage d'un vêtement.
La réglementation exige la préhension sans en fixer la géométrie ; l'usage en métallerie la traduit par une section ronde ou ovale d'environ 40 à 50 mm et un dégagement d'au moins 40 mm entre la main courante et son support, ce que le tube inox de 42,4 mm satisfait directement. Le repérage visuel, lui, est explicitement demandé : la main courante doit se différencier de la paroi qui la porte, par contraste visuel ou par un éclairage particulier. Un thermolaquage anthracite sur mur béton brut ne remplit pas cette condition.
Les détails de marche qui font échouer une visite d'accessibilité
La première et la dernière marche de chaque volée doivent comporter une contremarche d'au moins 10 cm de hauteur, visuellement contrastée par rapport à la marche. L'exigence entre frontalement en conflit avec le caillebotis ou la tôle larmée sans contremarche, très répandus en métallerie industrielle. Rapporter un bandeau plein en tête et en pied de volée coûte moins cher que de reprendre l'ouvrage après visite.
Les nez de marche doivent être contrastés visuellement par rapport au reste de l'escalier, non glissants et sans débord excessif sur la contremarche, un débord de l'ordre du centimètre suffisant déjà à accrocher la pointe du pied en montée. Le contraste s'apprécie en luminance et non en teinte : une bande jaune sur galvanisation neuve brillante contraste mal.
En haut de chaque volée, un revêtement de sol doit éveiller la vigilance à 0,50 m de la première marche, par contraste visuel et tactile ; lorsque cette fonction est assurée par une bande podotactile, ses caractéristiques relèvent de la NF P98-351. Sur un palier métallique, la réservation ou la platine de fixation se prévoit à l'atelier : un collage sur caillebotis ne tient pas dans la durée. L'éclairement exigé dans les escaliers est de 150 lux au sol, indépendamment de l'éclairage de sécurité.
En extérieur, l'antidérapance et l'évacuation de l'eau commandent le choix des marches
En extérieur, l'antidérapance devient le premier sujet. Marches caillebotis crantées et tôles à picots atteignent des classements R11 à R13 au sens de la DIN 51130. La contrainte accessibilité s'y superpose : les trous et fentes du sol ne doivent pas présenter une largeur ou un diamètre supérieurs à 2 cm, ce qui écarte la maille 30 x 30 mm classique au profit d'une maille resserrée ou d'un platelage tôle.
L'eau doit quitter la marche sans stagner. Une pente de 1 à 2 % sur les paliers, des perforations en fond de marche pleine et un larmier en sous-face évitent la plaque de glace au droit du nez de marche, point exact où l'usager pose le pied. Les profils fermés reçoivent des trous d'évent et d'écoulement avant galvanisation, faute de quoi le bain de zinc n'entre pas correctement et l'eau reste piégée en service.
La protection anticorrosion se choisit d'après la catégorie de corrosivité du site au sens de la série NF EN ISO 12944 : C3 en environnement urbain courant d'Île-de-France, C4 en bord de voie rapide ou en site industriel. La galvanisation à chaud selon NF EN ISO 1461 fournit, pour un acier d'épaisseur supérieure à 6 mm, une épaisseur locale minimale de 70 µm et une épaisseur moyenne minimale de 85 µm. Les assemblages mixtes acier galvanisé et inox exigent une rupture de contact, sous peine de corrosion galvanique aux platines de scellement, zone la plus exposée aux ruissellements chargés en sels de déneigement.
Ce que le dossier technique doit contenir avant la visite
Un escalier métallique est un élément de structure : sa mise sur le marché relève de la NF EN 1090-1, avec marquage CE et déclaration des performances. La classe d'exécution retenue selon NF EN 1090-2 se justifie dans le dossier, EXC2 couvrant la majorité des escaliers d'ERP courants, EXC3 s'imposant lorsque les conséquences d'une défaillance le commandent. Qualification du soudage et traçabilité des aciers accompagnent cette déclaration.
Les notes de calcul reprennent les charges d'exploitation de la catégorie C de la NF EN 1991-1-1 et de son annexe nationale, de l'ordre de 2,5 à 5,0 kN/m² selon la sous-catégorie retenue, ainsi que les efforts horizontaux en main courante : 1,0 kN/m en usage courant, jusqu'à 3,0 kN/m dans les zones susceptibles d'accueillir une foule. Le garde-corps répond à la NF P01-012 : 1,00 m de hauteur de protection en partie horizontale, 0,90 m à l'aplomb du nez de marche sur le rampant, remplissage vertical à espacement de 11 cm au plus.
Restent les interfaces, traitées trop tard dans la plupart des dossiers : chevilles sous évaluation technique européenne avec procès-verbaux d'arrachement, désolidarisation acoustique en pied de limon, réservation du revêtement d'éveil de vigilance, cheminement de la main courante au droit des portes de recoupement. Cela relève du plan d'exécution, pas de l'ajustement sur chantier.
Limites et vérifications
Les textes, caractéristiques produit, prix, délais et pratiques de marché peuvent évoluer. Vérifiez les sources primaires, la documentation de la référence concernée et la situation du projet avant toute décision.
Aucune certification, référence client, statistique interne, offre commerciale ou performance IEF & CO n'est affirmée dans cet article sans dossier de preuve validé.
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Bureau d'études · IEF & CO
Bureau d'études· Mise à jour 31/07/2026
